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l'Arpenteur de pages

[roman] En attendant l’année dernière : Dick, le mariage & la drogue

9 Janvier 2013 , Rédigé par Vance Publié dans #la Voie des livres, #Philip K. Dick, #SF, #Roman

En-attendant-l-annee-derniere-00.jpg 

Mon retour aux romans de SF devait se faire par le biais d’un Dick. Celui-ci m’a attendu des semaines durant, bien mis en évidence sur l’étagère alignant les autres livres du même auteur, trépignant d’impatience alors que je jetais mon dévolu sur des comics ou des romans mainstream…

Le mariage est susceptible d'engendrer entre deux êtres la somme de haine la plus élevée qui soit concevable.

 

En attendant l’année dernière aurait été rédigé en 1963, c'est-à-dire à une époque féconde, dans la décennie qui l’a vu publier nombre de ses œuvres majeures. On y trouve certaines allusions autobiographiques que les connaisseurs relèveront aussitôt, mais qui ne m’ont frappé qu’après coup. Ca n’entache pas le plaisir qu’on pourrait y prendre si on n’avait pas, et très vite, le sentiment d’être perdu en route par un auteur incapable d’ordonner ses pensées. Présenté par certains comme un bon roman schizophrène dans la lignée de Cryptozoïque de Brian Aldiss, par d’autres comme une tentative hasardeuse de synthétiser ses nombreux thèmes de prédilection, ce livre a la fâcheuse manie de dissoudre la tension immanente (le monde de la réalité initiale est en guerre, les Terriens sont à la solde d’alliés manipulateurs contre un ennemi mal connu et se reposent entièrement sur les décisions d’un Secrétaire des Nations unies tout puissant mais rongé par le doute) au travers de dialogue pesants, parfois pédants, mettant presque systématiquement en cause le mariage – car le docteur Sweetscent (quel nom délicieux !) n’en peut plus de sa femme qu’il passera son temps à quitter, retrouver, soigner et quitter encore au gré des réalités illusoires, des passés non vécus et des futurs hypothétiques générés par la prise d’une drogue chronolytique avec laquelle elle le piègera. Et notre bon docteur se verra devoir porter sur ses épaules la responsabilité d’une espèce entière en altérant le passé, voire l’avenir, afin de changer la donne au cours de ses voyages temporels incontrôlés.

La fin de notre union n'est pas un malentendu, c'est une réorganisation de l'existence.

Les idées foisonnent dans cet ouvrage confus, comme cette théorie remarquable visant à remplacer le dictateur du monde par un simulacre importé d’une autre réalité chaque fois que le premier succombe. On oublie alors de se passionner pour le côté pseudo-politique afin de mieux suivre l’évolution de ce couple improbable dans lequel – encore une fois – la femme n’est pas à son avantage, aussi séduisante que machiavélique, capable de mettre la vie de son mari en danger, sciemment, afin d’avoir une petite chance de sauver son couple…

Déstabilisant.

Les bouts de vos seins me dévisagent-ils ou est-ce un effet de mon imagination ?

 

Ma note (sur 5) :

3,8


 En attendant l'année dernière 01

Titre original

Now wait for last year 

Auteur

Philip K. Dick  

Format  

poche

Editeur

Club du Livre d’Anticipation 1968

Collection

Le Livre de Poche SF

Edition originale

Doubleday 1966

Genre

Roman SF

Traducteur

Michel Deutsch

Pages

341

 

 

 

Résumé de l’éditeur : Au milieu du XXIème siècle, Eric Sweetscent, chirurgien de talent, est spécialisé dans la transplantation d’organes, une tâche qu’il met moins de temps à effectuer qu’il ne faut pour le dire. Or, il se retrouve au chevet de Gino Molinari, hypochondriaque notable mais aussi et surtout secrétaire des Nations Unies, soit donc le chef de la planète Terre. Or il a conduit cette dernière à faire un pacte avec le peuple de Lillistar, en conflit depuis des siècles avec les Reegs. Le malheur a voulu que les Lillistariens soient en train de perdre la guerre. Dans le même temps, Eric est malheureux en couple, marié à une femme somptueuse, mais dont la carapace renferme un cœur de pierre et une personnalité détestable. L’engagement d’Eric auprès de Molinari lui permettra-t-elle de couper le cordon, d’autant que la drogue JJ180 complique encore la donne ?

 

Incipit :

De l’édifice familier en forme d’aptéryx, s’irradiait comme à l’accoutumée une luminescence grise et vaporeuse.

Eric Sweetscent replia son mobilo et réussit à la ranger dans le box minuscule qui lui était affecté. Déjà, son patron Virgil L. Ackerman avait ouvert les bureaux de la F.C.T. Penser que c’était à huit heures du matin que le cerveau de cet homme fonctionnait avec le plus de lucidité ! Voilà qui est en contradiction formelle avec les commandements clairement exprimés par Dieu, songeait le docteur Sweetscent. Le joli monde qu’ils nous fabriquent là ! La guerre excuse tous les égarements humains, y compris ceux du vieux.

 

D’autres citations ici.

 

Défi-Dick

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