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l'Arpenteur de pages

[comics] Watchmen : la référence du genre

24 Février 2012 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics

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4,9/5 

 

C'est une somme très cohérente, bourrée à craquer de références à toute la culture populaire de la seconde moitié du XXe siècle, de clins d'œil (Robert Redford - donc R.R. - se présente comme Président des Etats-Unis et un zozo d'en rire en se moquant du fait qu'on choisisse un ancien acteur...) et d'allusions subtiles à la structure géopolitique de la Guerre froide. Les amateurs de mise en abîme seront comblés (il y a plusieurs "livres dans le livre"), notamment avec les articles de journaux, études, essais, reportages ou interviews qui séparent les épisodes – une technique narrative qu’affectionne Alan Moore qui semble ainsi nous démontrer qu’il en avait tellement à raconter que l’intrigue principale n’y suffisait pas. 

 Watchmen-01.jpg

En outre, l'œuvre jouit d'une écriture très cinéma, souvent talentueuse, qui explose les codes de la BD traditionnelle pour mieux la magnifier. Chaque personnage, en plus d'être ce qu'il paraît (un individu ordinaire dont le costume reflète une schizophrénie latente et un sentiment d'inadaptation sociale patent), se révèle comme un archétype de tout ce qui avait nourri le comic-book de genre, du justicier de l'ombre avec force cape, masque et gadgets, à la brute épaisse en passant par le mutant (Dr. Manhattan, présenté comme une aberration totale mais également comme un arme aux pouvoirs incommensurables - le seul vrai super-héros dans le sens où nous l'entendons aujourd'hui), le détective parano (Rorschasch au charisme dingue) ou le self made man intègre.


Bien entendu, ce qui sidère le plus, c'est la faculté de tisser des histoires qu'on croit d'abord sans lien entre elles avant de s'apercevoir que tout se tient. Une forme d’accomplissement.

Bon, la fin est légèrement décevante, en ce sens que certains éléments ne sont pas vraiment explicités. On peut aussi tiquer parfois sur la traduction. Mais c'est vraiment pour chipoter. Le dessin de Gibbons s'affirme au fur et à mesure qu'on avance dans les enquêtes parallèles, la paranoïa et la lecture d'un comic de pirates dont certaines cases viennent se superposer à l'intrigue.



Une véritable merveille, parfaitement huilée, aux personnages ciselés. Un chef-d'oeuvre absolu du genre.

 


 

 

Un comic-book d’Alan Moore & Dave Gibbons, édition intégrale Delcourt 1998.

 

L'histoire : New-York 1985 : minuit moins douze sur l’horloge inexorable de l’Apocalypse nucléaire. Le Comédien est retrouvé mort, sans doute assassiné. Qui a pu faire cela à cet ancien membre des Gardiens, groupe de super-héros dissous à la suite de la publication d’une loi restreignant l’exercice des pouvoirs ? Une enquête est en cours, à laquelle se mêle Rorschasch, détective psychopathe, ex-Gardien mais rebelle à l’ordre établi, qui se dépêchera d’avertir ses anciens collègues car il se doute de l’imminence d’un terrible danger. 

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Narayan 25/02/2012 00:06


Tu as raison, ce comic est une merveille ! J'en garde un très bon souvenir, Rorschach et le docteur Manhattan ont un charme incroyable !

Vance 26/02/2012 15:44



C'est surtout qu'on n'a pour l'heure pas fait mieux. Merci d'être passé.