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l'Arpenteur de pages

[comics] the Boys tome 13 : Bienvenue chez le P’tit

13 Avril 2013 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics, #the Boys, #Garth Ennis, #Super-héros

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Ce qui m’ennuie, c’est qu’il (ne) s’agit pas juste d’être un dur. Pas seulement pour éviter d’être une victime mais parce que… si on n’est pas dans le camp des brutes, on (ne) peut pas faire la différence. On est juste celui sur lequel les merdes tombent, au lieu d’être celui qui agit sur les événements.

Bon, bon, bon.

Un moment, j’ai vraiment détesté cet opus. Je n’y retrouvais pas la flamme, l’énergie et le sans-gêne des tout premiers épisodes et j’avais un peu l’impression de sombrer dans une voie sans issue, une impasse scénaristique vide de substance, uniquement attisée par les relents nauséabonds des plus mauvais passages des précédents épisodes. Comme un écho rance.

Peut-être le cadre : loin de New-York, l’ambiance change radicalement : on n’a plus de super-slips, plus de crimes contre l’Humanité, plus de complots contre le gouvernement ou de menace terroriste, plus de crimes abjects (quoique…), plus de partouzes dégénérées ou de violences gratuites. On est chez les péquenauds.

Peut-être les dessins. John McCrea n’est décidément pas ma tasse de thé, ses visages manquent de relief et de charme, ses décors semblent diaphanes – la comparaison avec Darick Robertson n’est pas du tout à son avantage.

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Peut-être aussi le sujet. Hughie en a plus qu’assez d’être la dernière roue du carrosse, d’être systématiquement manipulé et en veut au monde entier, à commencer par Stella qu’il aimait d’un amour sincère et pur jusqu’à ce qu’il apprenne qu’elle faisait partie de ceux qu’il surveillait et traquait. Il fait donc retraite, prend du recul, se met au vert. Lâcheté ? Désespoir ? Il ne sait plus sa place dans le monde plus noir qu’il ne le pensait, ne comprend plus comment procéder, qui croire, qui ne pas croire, ne supporte plus ses actes et ceux de ses anciens collègues, quand bien même il aurait accepté leur justification.

 

Pourtant, à bien y regarder, il y a dans cet album quelque chose qui n’était qu’en dormance, sous-jacent dans les précédents épisodes : des traces d’humanité. Hughie est en quelque sorte notre ancre à nous, lecteurs du monde réel, notre référent permanent, notre envoyé spécial dans cet univers trop cynique, trop sombre, trop secret. Ses chagrins, ses peines, ses hontes, ses questionnements sonnent étonnamment « authentique ». On aimerait le pousser à davantage écouter sa douce Stella, venue sur ses terres à lui pour tenter de lui faire comprendre que leur liaison doit être plus forte que tout le reste.

Le récit pourrait virer au rose bonbon, mais il n’a curieusement pas ce goût de guimauve des romances malheureuses : Ennis, le bougre, sait manier les sentiments à peu près aussi bien que les conflits super-héroïques. Ensuite, il faut admettre que les péripéties locales peinent à intéresser le lecteur habitué aux duels entre adeptes du composé V, néanmoins le scénariste parvient à instiller assez de piment dans ses personnages complètement barrés (qui auraient leur place dans un film de Lynch) pour nous prendre au jeu. Quant au mystérieux personnage qui conseille Hughie, il fait un peu trop deus ex machina mais il permet de conserver un lien avec ce qui nous intéresse.

 

Un album de the Boys sans les Boys : un sacré challenge, partiellement réussi.

 

A lire aussi, la critique encore plus enthousiaste de Neault chez Univers Marvel & autres comics.

 

Ma note (sur 5) :

3


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Titre original

The Boys : Highland Laddie 

Format

Cartonné, 16x30 cm

Fréquence de parution

Irrégulier

Editeur

Panini comics ; Dynamite Entertainment (2011) 

Date de parution

février 2012 

Collection

Dynamite 

Série(s) & épisodes

48 à 54

Scénariste(s)

Garth Ennis

Dessinateur(s)

John McCrea

Traduction

Alex Nikolavitch

Pages

132

 

Synopsis : Après les terribles événements survenus à New-York, le P’Tit Hughie décide de retourner dans son village natal, en Ecosse. Tout ce qu’il demande, c’est d’avoir un peu de temps pour se ressourcer et de pouvoir revoir les siens. Malheureusement, rien ne se passe comme prévu lorsqu’il se rend compte que certaines de ses vieilles connaissances ont bien changé et que de tristes individus sans scrupule rôdent en ville.

 

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