Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
l'Arpenteur de pages

[comics] Superior : le Vœu magique

2 Août 2012 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics, #Super-héros, #Mark Millar

Superior 00

 

Dans la série : « Je me jette sur le premier comic-book avec le nom de *** sur la couverture », après Gravel de Warren Ellis, je passe tout naturellement à Superior de Mark Millar.

 

Je pourrais discuter longuement sur ce dernier, scénariste de choc, aux positions controversées (il verse un peu trop facilement dans la polémique pour le seul plaisir de choquer) mais aux œuvres marquantes. Comme Garth Ennis, il mériterait largement un bon crossover sur sa carrière.

 

S’il s’est fait connaître avec des productions impressionnantes pour Marvel (impossible d’oublier l’ouverture d’Ultimate X-Men), il a parfois du mal à terminer ses scénarios aussi fort qu’il les débute. N’empêche : on ne s’ennuie pas chez l’auteur de Nemesis, qui n’hésite pas à « tuer » des personnages importants et ne recule pas devant la violence pour ses récits indépendants (Wanted, Kick-Ass).

 Superior-01.jpg

Superior semble s’inscrire dans un registre proche de ces deux dernières œuvres avec une réflexion originale sur la condition de super-héros, mais dans une optique plus proche de 1985, une œuvre touchante dans laquelle il chante son amour absolu pour le genre. Il est intéressant de jauger Superior à l’aune des productions récentes d’Ellis sur le thème (sa trilogie Black Summer/No hero/Supergod), très adultes et se focalisant sur le pouvoir davantage que sur la personne, ou encore du remarquable A god somewhere. D’autant qu’on pourrait penser à ces avatars de Superman qui ont permis à certains artistes de redéfinir le genre.

 

Mais dans Superior, il y a incontestablement cette nostalgie qu’on soupçonnait dans Wanted, celle de ces héros costumés d’un Age d’or un peu naïf où tout semblait possible. Ajoutez-y la lucidité de Kick-Ass, cette manière plus radicale avec laquelle un jeune d’aujourd’hui pourrait analyser le phénomène super-héroïque, cet accident cosmique, ce miracle qui lui confèrerait des pouvoirs incommensurables. Et enfin la malice inhérente à Millar, son côté sombre qui aime détruire ce qui a péniblement été bâti. C’est frustrant, un peu rageant même parce qu’on comprend finalement que nous ne sommes que devant le premier volume d’une série – qu’on espère brève.

 

Superior se lit vite, ses dialogues font mouche, c’est bourré de second degré revigorant (la naïveté confondante de Superior face à cette journaliste qui lui fait du rentre-dedans est touchante, tout comme son aveu : Je veux juste aider.) et ranime la flamme qui sous-tendait les récits des premiers âges du comic-book avec une acuité presque douloureuse. Il y a parfois du Last action hero dedans, même si l’humour est plus timoré - et on n’est pas loin non plus de Chronicle.

 

La suite, bien entendu, est impatiemment attendue.

 

Ma note (sur 5) :

4,4


Superior 1

 

 Superior-001.jpg

Format

Album

Fréquence de parution

Irrégulier

Editeur VO/VF

Millarworld (2010) ; Panini Comics (2012) 

Collection

100% Fusion Comics

Série(s) & épisodes

Superior volume 1

Scénariste(s)

Mark Millar

Dessinateur(s)

Leinil Francis Yu

Traduction

Benjamin Rivière

Pages

92

 

Résumé : Simon Pooni était un garçon comme les autres : des amis à l’école, un certain talent pour le basket. Mais ça, c’est du passé. La sclérose en plaques le prive de toutes ces petites choses qu’il tenait pour acquises, ne lui laissant que la BD ou le cinéma pour s’évader. Puis un jour, on lui propose de réaliser son vœu le plus cher et le voilà transformé… en super-héros !

Partager cet article

Commenter cet article