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l'Arpenteur de pages

[comics] Onslaught : un crossover ambitieux mais pas abouti

6 Mars 2012 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics

Onslaught-00.jpg

 

3,6/5

 

J’ai récemment relu la saga Onslaught, un de ces trucs que balancent de temps en temps les deux éditeurs US qui ont la mainmise sur l’industrie des comic-books de super-héros, le genre à révolutionner l’univers, à bouleverser la vie des personnages tout en se débarrassant des scories du passé (du moins, c’est ainsi que, systématiquement, les crossovers sont présentés de manière à appâter le client et à lui faire acheter des séries qu’il ne lisait pas jusque lors ainsi que des numéros spéciaux). J’en gardais un bon souvenir, quoique assez confus. Après avoir mis la main sur un épisode manquant, j’ai décidé de me retaper l'intégrale parue en kiosques (elle est disponible en un seul volume, plus ou moins complet, pour ceux qui manqueraient de place).

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à la base, l’ambition était bien là. Le plus réussi vient probablement de la montée en puissance, dans les phases préparatoires : il y avait un réel souci de continuité. Certaines planches des séries actuelles (comme les préludes à Civil War) m’y font irrémédiablement penser. Et puis l’intention de satisfaire les lecteurs désireux de faire s’affronter des personnages évoluant le plus souvent dans des sphères différentes – tout en étant dans le même univers – permettait d’attirer les plus frileux : des affiches comme Hulk, les Vengeurs, les X-Men qui se battent entre eux avant de s’unir, avouez que ça continue à avoir de l’impact.

 Onslaught-01.jpg

Mais le déroulement de l’intrigue, faussement dispersée, et la multiplication des artistes font beaucoup de mal à l’ensemble : c’est nerveux, coloré mais terriblement embrouillé (surtout avec le recul et le changement de mode, particulièrement sensible dans l’encrage). Et les scénaristes ont du mal à tout faire tenir, avec des épisodes annexes bien ternes (le sauvetage du Fauve, le destin des ex-Nouveaux Mutants), des flottements dans la logique narrative, une psychologie déconcertante. On ne comprend pas trop les atermoiements de Hulk ou les actions de X-Man (frustrant par ses incessantes hésitations) et on a souvent l’impression que l’emploi de « lieutenants », tel Post ou Holocauste, par Onslaught, résultait surtout d’une volonté d’étoffer l’ensemble en proposant de grosses bagarres. Ces dernières sont souvent assez confuses en outre. 

 

Il n’empêche… les moments se concentrant sur Jane Storm et sa volonté de sauver Franklin, les actions désespérées des X-Men et le renfort des Avengers redonnent un coup de fouet. L’intensité est énorme, et on atteint des sommets dans certaines confrontations. Kubert, sans être au top, fait passer beaucoup de choses dans certaines des dernières cases.

 

Bref, on est face à une saga intéressante par son ambition première, un peu ratée par son côté fourre-tout et sa longueur inutile, parfois jouissive, souvent frustrante.  

 

Mais revoyons-la morceau par morceau.


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En dehors de quelques épisodes des X-Men vaguement annonciateurs, c’est en France avec X-Men Extra n°5 de novembre 1997 qu’Onslaught fait officiellement parler de lui, avec deux épisodes signés Mark Waid, où Jean Grey se retrouve face à un ennemi redoutable mais encore inconnu. On peut considérer ce numéro comme le véritable prologue à la saga.   

 

Celle-ci se constituera de 11 phases (des revues comportant les épisodes les plus importants pour la continuité) et 4 « Impacts » (épisodes secondaires, souvent bâclés ou de peu d’intérêt). 

  

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Phase 1 : Marvel Mega HS 2 de janvier 1998 : un épisode de Cable et deux des X-Men, avec les artistes les plus en vue de l’époque (Waid, les Kubert, ainsi que Scott Lobdell). On a aussi Ian Churchill que j’avais beaucoup apprécié à ce moment, au style élégant et dynamique, et le médiocre Rick Leonardi (connu pour quelques très mauvais épisodes bouche-trous des X-Men). Premiers affrontements d'envergure (Cable face à Post, les X-Men face à Onslaught) et premières révélations : la course contre la montre commence. 

 

 Phase-2.jpg

Phase 2 : Marvel Mega 4 ;  X-Force, Excalibur et un épisode spécial sur le Fléau emprisonné par Onslaught dans le cristal de Cyttorak. Jeph Loeb et Warren Ellis essaient de nous conter des histoires cohérentes tout en les intégrant à la saga, mais les dessins ne suivent pas, c’est très décousu. Le One-shot sur le Fléau est le plus intéressant, avec Docteur Strange en vedette.   

 

 

Phase-3.jpgPhase 3 : X-Force 32 ;  Kavanagh et Loeb nous replacent dans la saga, avec une ligne plus sombre et passionnante ; à l’ombre d’Apocalypse, Sinistre intervient alors que X-Force va tenter d’aider Nate Grey à résister à Onslaught qui désire l’enlever dans le but d’accroître son immense pouvoir. On a droit à des dessins pleins d’énergie de Skroce. Ca part dans tous les sens, mais c’est très intense.

 

 

 

Phase-4.jpgPhase 4 : Cable 21 ; les duos Loeb/Churchill puis Peter David/Medina nous narrent l'affrontement épique entre Cable et Hulk (qu’on attendait impatiemment, faut dire !). Des crayonnés explosifs dans l'une des meilleures histoires de la saga, avec un duel sur tous les plans (physique et psychique), un Cable qui va payer de sa personne (et nécessitera l'aide de Tornade) et un Hulk qui ne sait toujours pas qu'il est manipulé. La grosse artillerie est enfin déployée mais on salue la grande maîtrise des scénaristes.

 

 

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Impact 1, Marvel 12 ;  le numéro 400 des Vengeurs par la paire Waid/Wieringo marque la prise de conscience par « les plus grands super-héros de la Terre » de la menace Onslaught. Mais elle n’arrive qu’à la toute fin, le temps pour eux d’affronter la plupart de leurs anciens ennemis derrière lesquels se cache celui qui est à l’origine de leur création. Les autres séries (Spiderman et DD) n’ont rien à voir avec Onslaught. Du coup, beaucoup d’amertume à l’issue de la lecture.

 

 

Phase-5.jpgPhase 5 : X-Men Extra 6 ; un épisode des X-Men, signé Joe Madureira (dont j’étais fan) et deux de X-Factor écrits par Jeff Matsuda. Ca se voulait le sommet de la saga, avec l’intervention des Vengeurs, l’irruption d’Apocalypse dans le combat, la menace des Sentinelles. Ca reste assez faible dans la réalisation, avec un Onslaught qui préfère se défiler et Dark Beast mal employé.

 

 

 

Impact-2.jpgImpact 2 : Génération X 1. Bachalo et Lobdell racontent comment Emma Frost va tout faire pour sauver les jeunes mutants des griffes d'Onslaught. Assez intéressant quoique déroutant : un intermède salvateur qui aurait eu plus d’intérêt si l’intrigue principale avait été mieux amenée.

 

 

 

 

Phase-6.jpgPhase 6 : Avengers 13 ; un bon épisode de Waid & Deodato où les Vengeurs et quelques X-Men traquent Magneto et tombent sur... Joseph, allié à Malicia. Ca n'ira pas sans heurts, tandis que Iron Man se retrouve face aux Sentinelles qui ont envahi New-York, avec la Panthère Noire pour seul appui. En bonus inutile : un épisode de Captain America, qui n'a rien à voir dans la saga.

 

 

Phase-7.jpgPhase 7 : Silver Surfer 13 ; les Fantastiques se jettent dans la mêlée, avec une Jane qui refuse que quelqu’un enlève Franklin. Aidés de quelques X-Men et de Vengeurs, ils vont devoir combattre Onslaught de front. Mais l’assaut semble déjà désespéré. Carlos Pacheco aux dessins, dans un très bon épisode, un peu naïf mais moins brouillon que les précédents. Ensuite, sous les pinceaux de Deodato, les Vengeurs essaient de sauver New-York des griffes d’Onslaught qui, pour gagner du temps, envoie ses hérauts Post et Holocauste. Ca dépote, c’est assez bourrin mais revigorant.  Graphiquement, l’un des numéros les plus réjouissants.


 

Phase-8.jpgPhase 8 : X-Men 13 ; tous contre Onslaught ! C’est l’ère des combats, attendus pour la plupart. Les X-Men en quête des protocoles de Xavier tombent les premiers. Nate Grey n’a plus que Sinistre pour l’aider à échapper à Onslaught : cruel dilemme ! Hulk est revanchard, et veut lui faire payer la façon dont il a été manipulé. Mais encore une fois, il ne sera qu’un jouet pour l’esprit tout-puissant d’Onslaught. L’épisode d’X-Force est curieusement décalé, sur un ton nostalgique limite niais.  

 

 

Phase-9.jpgPhase 9 : Wolverine 50 ; belle couverture pour deux épisodes de Larry HamaLogan, redevenu bestial depuis la perte de son adamantium, est en quête d’humanité, en même temps qu’il cherche l’identité de celui qui est derrière Onslaught. Il aura besoin de l’aide affectueuse d’Elektra pour deux histoires séduisantes bien que peu convaincantes pour la saga. Dans l’absolu, ce sont de bonnes histoires mais qui ne font pas vraiment avancer le crossover.

 

 

Impact-3.jpgImpact 3 : Spiderman 13 ; le Tisseur essuie les plâtres et apporte son soutien aux habitants de New-York face à des Sentinelles implacables. Il lui faudra l'aide de Peter Parker (oui, le vrai-faux clone) pour y arriver, dans des épisodes haletants dont le plus beau est signé Romita Jr.

  

 

 

Impact-4.jpgImpact 4 : X-Factor 51 ; X-Factor à la recherche du vrai Fauve et Excalibur complètement à l'ouest, qui ne fait que constater les dégâts. Pas nécessaire, donc décevant.

 

 

 


Phase-10.jpgPhase 10 : X-Men Saga 5 ; Pacheco aux commandes d'un numéro des FF où Namor et Fatalis entrent en scène pour épauler les parents de Franklin. Prometteur et ça n’est pourtant qu’un prologue à un épisode des X-Men d’une rare intensité où Madureira fait des merveilles pour rassembler tout ce beau monde face à Onslaught, tandis que Xavier et Franklin luttent de leur côté pour s’en sortir, sous le regard d’Apocalypse et du Gardien

 

 

 

Phase-11.jpgPhase 11 : Marvel Mega HS 3 ;  l’ultime assaut. La phase 10 avait montré qu’une brèche était possible dans la défense d’Onslaught et nos héros vont tout faire pour retenter le coup, sous l’impulsion d’une Jane qui refuse de voir son enfant prisonnier du tyran omnipotent, suivie de Cable allié (?) à Apocalypse. Puis les autres, séparément d’abord, et tous ensemble, pour un combat perdu d’avance, où les petites victoires n’effacent pas une défaite inéluctable. On peut y établir de nombreux parallèles avec la saga Infinity Gauntlet, lorsque les héros s’assemblent pour lutter contre un Thanos tout-puissant. Certains duels sont très réussis (Hulk est impressionnant) mais la fin est un peu décevante et pas très intelligible. On y sent la préparation de ce qui allait devenir Heroes reborn.

 

Epilogue.jpgOn peut ajouter à cette saga deux magazines qui profitent de l’âpreté des combats pour développer les personnalités des survivants.  

 

Onslaught Epilogue : X-Men Saga 7 ; Xavier s'étant rendu aux autorités, le voilà incarcéré par Bastion. Tortures mentales et manipulations, un épisode intéressant marquant un tournant dans l'approche du monde mutant, par Hama et Green.

Epilogue 2

 

Magneto : Marvel Mega 5 ; Peter Milligan et Kelley Jones se penchent sur l'avenir de Joseph, celui qui pourrait être un Magneto amnésique et rajeuni, et qui se retrouve avec un très lourd héritage. Plutôt finement écrit.

 


 

 

Crossover de comics en 11 phases, publié dans plusieurs revues aux éditions Marvel France 1997

 

Présentation : Lors de leur ultime confrontation, le professeur Xavier a décidé une bonne fois pour toutes d’empêcher Magneto de nuire à nouveau – le souvenir des souffrances inhumaines qu’il avait fait subir à Wolverine en lui extrayant l’adamantium de son squelette le motivait davantage. Pour ce faire, une seule solution s’imposa à lui : il usa de son pouvoir pour effectuer un lavage de cerveau sur son ennemi. Depuis, le doute le ronge sur la justification de son acte, ses pouvoirs lui jouent des tours. Parallèlement, une menace sournoise s’en prend aux X-Men, sous la forme de Post, un adversaire redoutable qui avoue n’être que le héraut d’un péril plus grand encore, nommé Onslaught. Lorsque Jean Grey tentera d’en savoir plus, ses dons télépathiques lui dévoileront la terrible vérité : aura-t-elle le temps de dévoiler au monde entier qui se cache derrière Onslaught ? 

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