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l'Arpenteur de pages

[comics] Just a pilgrim n°2 : éphémère Eden

23 Avril 2013 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics, #SF, #Garth Ennis, #Post-apocalyptique

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La suite des pérégrinations de ce singulier personnage qu’est le Pèlerin est du niveau du premier volume. Garth Ennis nous replonge dans ce monde post-apocalyptique assez fascinant (les survivants errent sur les fonds océaniques asséchés par la Brûlure, tentant d’échapper aux animaux mutés et à ceux qui en profitent pour asseoir un pouvoir factice sur des victimes désignées) et nous suivons l’épopée messianique du Pèlerin, un homme rongé par l’amertume et le besoin vital de rédemption, au passé vérolé par d’innommables exactions.

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Avec Ennis, on sait qu’on aura droit à notre lot d’horreurs et de violence, ainsi qu’à quelques réflexions désabusées mais virulentes sur les cultes : la Bible, qui servait de garde-fou spirituel à notre héros, a été remplacée par le journal de bord du jeune garçon qui narrait dans le premier tome sa propre rencontre avec le Pèlerin. Comme le souligne Neault dans son article sur l’intégrale de la série (il y aurait trois tomes), l’importance accordée à ces textes dans lesquels le Pèlerin puise sa force et ses principes de survie est sans doute l’élément majeur de ces épisodes où la Foi est sans cesse remise en question tandis que la religion se voit piétinée allègrement. Dans un monde dévasté, l’heure n’est plus aux illusions qui bercent : il faut avancer, construire et surtout survivre. Le caractère inébranlable du personnage permet justement aux autres de s’accrocher à lui qui ne doute pas (plus ?), choisit les solutions les plus radicales, ne transige pas, n’hésite pas. Quitte à sacrifier ce qui peut l’être. De ce fait, sa rencontre avec ces chercheurs presque ridicules dans leur quête innocente d’un avenir pour l’Humanité permet quelques moments truculents et des répliques cinglantes. Non, le bonhomme n’est pas un saint, loin de là, et il s’assume comme tel, mais ses principes l’ont poussé à aller de l’avant – et surtout, il se met à croire en leur projet, leur insufflant l’étincelle nécessaire pour l’accomplir.

 

Ezquerrafait son boulot, dressant un portrait assez réussi de notre héros et nous gavant de monstres tirés d’une nouvelle lovecraftienne. Les ressorts sont connus et la fin se dessine très vite (il y aura des morts, beaucoup de peine, de désillusions et de souffrance), sans surprise, mais l’ensemble vaut le coup d’œil et le finale parvient même à toucher au grandiose.

 

Ma note (sur 5) :

3,5


 Just-a-pilgrim-2.01.jpg

Titre original

Just a pilgrim : Garden of Eden 

Format

Broché, 17x26 cm

Edition originale

Black Bull Comics 2003

Edition française

Semic Comics avril 2003

Collection

Semic Books

Scénariste(s)

Garth Ennis

Dessinateur(s)

Carlos Ezquerra

Traduction

Alex Nikolavitch

Pages

90

 

Synopsis : Le Pèlerin a repris son long périple sur le fond des océans desséchés. Arrivé au bord d’une faille gigantesque, il découvre une terre préservée, véritable enclave verdoyante. Là, prospèrent quelques survivants avec le projet de faire renaître l’Humanité. Mais un danger les guette, et seul un homme décidé comme le Pèlerin peut leur venir en aide. 

 

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