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l'Arpenteur de pages

[comics] I am Legion : des Vampires aux Nazis

5 Février 2012 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics

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3,8/5
 
Encore une bonne idée de mon libraire préféré. Après la trilogie super-héroïque de Warren Ellis et le somptueux Fluorescent Black, il m’a suggéré cet album alors que je lui demandais son avis sur une bande dessinée mettant en scène ce bon Dracula en 1900.
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I am Legion est l’une des œuvres majeures de Fabien Nury, scénariste français à l’écriture très cinématographique qui s’était fait connaître par la série Il était une fois en France. Associé tout naturellement à John Cassaday, toujours parfaitement à l’aise dans ces histoires mêlant de nombreux personnages autour d’une vérité fuyante, et qui n’a pas son pareil pour s’appuyer sur le réalisme de ses visages dans le but de distiller une atmosphère surréelle (en élaguant les décors notamment, et jouant sur les dominantes colorées), Nury nous délivre une histoire dense, lourde, découpée au cordeau dans lesquelles certains individus mènent la danse entre les rues de Londres sous les bombes et une Roumanie occupée férocement, tandis que d’auters tentent de percer les mystères qui les entourent. Ca commence très fort : dans un manoir londonien, un riche quidam a capturé l’homme des services secrets qui menait une enquête sur lui ; pourtant, au lieu de s’en débarrasser, il choisit de s’ouvrir les veines devant son prisonnier… Un cadavre et une explosion plus tard, on bascule à Bucarest où des SS essaient de trianguler la position d’un émetteur clandestin : poursuite, fusillades, sacrifice et remords vite oubliés car la mission semble primer sur tout le reste.
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Ce découpage géographique donne parfois le tournis d’autant que, malgré le talent de Cassaday, on a quelquefois du mal à identifier les protagonistes des différentes enquêtes alors que d’autres personnages troublants entrent dans la danse : un amiral nazi basé en Espagne, un agent britannique au passé qui le torture, un espion roumain travaillant pour les Alliés… Au milieu de tout cela, on reconstruit tant bien que mal les schémas narratifs et surtout le lien avec le thème de départ : le vampirisme. Car il s’agit bien d’une nouvelle variante de l’histoire de Bram Stoker, finement réinterprétée, naviguant entre la dark fantasy dont elle est issue et une SF plus proche de l’esprit des comic-books anglo-saxons (Nury est un admirateur inconditionnel d’Alan Moore), tout en conservant constamment à l’esprit la volonté de coller au plus près de la réalité historique (Churchill intervient régulièrement et le fameux projet Walkyrie constitue un maillon d’une chaîne complexe). Le tout, s’il est parfois frustrant – on aimerait de temps en temps aller plus vite, et les voies suivies par les personnages principaux suivent des détours inattendus – est toujours prenant, mais également sanglant et violent. Le duel final risque également de décevoir un peu, mais il est plutôt bien mis en scène.
 
Une autre excellente variation sur le thème du Vampire. Un film serait en préparation, et c'est plutôt uine bonne nouvelle.
 
Un album de Fabien Nury & John Cassaday édité par les Humanoïdes associés (2011).
 
150 pages.
 
 
Synopsis : Fin 1942. Hitler est à son apogée mais les Britanniques n’ont pas encore dit leur dernier mot. Une organisation secrète espionne les activités de Rudolf Heyzig, chef du renseignement nazi en Europe de l’Est : il détiendrait une jeune roumaine aux pouvoirs effrayants et se livrerait sur elle à des expérimentations pleines de promesses. Dans le même temps, les services intérieurs du Royaume-Uni mènent l’enquête sur un riche industriel lié aux Américains qui vient de se suicider dans de mystérieuses circonstances : on l’a retrouvé vidé de son sang…
  

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