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l'Arpenteur de pages

[comics] Fluorescent Black, l’intégrale : dystopie colorée

25 Décembre 2011 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics

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4/5 

 

L’Humanité n’échappe pas à la logique de marché.

 

Mon libraire est toujours de bon conseil. Vraiment. Alors quand il m’encense Fluorescent Black (du genre : « S’il n’y a qu’un album à acheter cette année, c’est celui-là ! ») alors même que j’en avais entraperçu quelques images sur le web, je ne peux qu’obtempérer.

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La vie n’est pas précieuse. Nous construisons la vie. Des gens l’achètent. Ce n’est que de la biochimie.

 

Pur produit du comic-book underground, relié dans un somptueux album au format inhabituel, l’oeuvre est aussi intriguante que son apparence. Des couleurs flashy, très old school, viennent percuter la rétine alors que cette histoire d’anticipation lorgne vers la dystopie. Etonnamment (ou non ?), on y retrouve certaines des préoccupations de Tous à Zanzibar : cadres et objectifs identiques, un peu comme si la menace de révolution génétique qui sous-tend toute la seconde partie du formidable roman de Brunner trouvait son accomplissement dans ce récit.

 Fluorescent-Black-00.jpg

-         Ils sont simplement les produits de leur histoire.

-         Oui. Des déchets.

 

Dense et enlevé, le comic-book est prenant dès les premières pages. On passera sur ce pseudo-jargon « singlish » qui n’intervient que dans certaines interjections (encore une autre influence des auteurs de SF des années 70) pour s’apercevoir que ça se suit sans trop de difficulté, même malgré les multiples flashbacks et changements de points de vue. En fait, la trame est désormais connue, c’est le cadre qui diffère : plus bouillonnant que Gattaca, plus coloré que Blade Runner, mais toujours des lendemains qui déchantent et ce constat que, décidément, l’Enfer est pavé de bonnes intentions.

 

 

Nathan Fox ne dédaignant pas les illustrations pleine page, on profite vraiment du format, même si les crayonnés, volontairement brouillons, ne permettent pas toujours de comprendre l’intégrité des actions, d’autant que les personnages, avec leur physique anguleux, ne rendent pas la tâche facile. Néanmoins, on ne peut qu’être séduit par cet album flamboyant qui nous narre une évolution possible de l’Humanité en quête d’absolu, quitte à abandonner en chemin ses propres rejetons. 

 

 

 


 

 

Un album de MF Wilson & Nathan Fox, colorisé par Jeromy Cox (2010), édité par Bragelonne dans la collection « Milady Graphics » (2011).


195 pages.

 

Traduction : Philippe Touboul

 

Résumé :En 2085, les progrès de la bio-ingénierie ont fait de Singapour une cité parfaite, peuplée d’êtres génétiquement purs – c'est-à-dire non pollués par la moindre tare physique. Tous ceux qui ne répondent pas aux critères particulièrement stricts sont impitoyablement rejetés à l’extérieur, dans des villes-ghettos où le moindre organe sain vaut de l’or et où une contre-révolution génétique a engendré des mutants dans toute la biosphère : entre les moustiques transgéniques et les lierres hallucinogènes, l’espérance de vie y est faible et le désespoir règne. Pourtant, des clans de rebelles luttent encore pour leur survie…  

 

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Cachou 25/12/2011 21:21


Très très intriguant, je prends bonne note. Décidément, il y a des trucs intéressants chez Milady Graphics! (et Joyeux Noël un peu en retard (quoique, il me reste 2h30 ^_^))

Vance 26/12/2011 08:34



Oui. L'album est peut-être un poil survendu par la critique, on n'est pas devant un objet du calibre de Watchmen, mais c'est largement au-dessus du tout-venant. Et pis c'est bô.