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l'Arpenteur de pages

[comics] Captain Swing & les Pirates électriques...

9 Mai 2012 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics, #SF, #Warren Ellis

Captain-Swing-00.jpg

 

3,3/5

 

 

Quand Warren Ellis sort un nouvel album et que je rôde dans ma librairie préférée en quête d’une agréable surprise, je n’hésite pas longtemps.

 

Cette fois, le grand auteur britannique se frotte au steampunk, après avoir longtemps écrit sur la condition de super-héros (voir No hero, Black Summer et Supergod). Raison de plus pour découvrir sa nouvelle œuvre.

 

Le résultat est surprenant. Loin d’être mauvais, il est surtout frustrant tant on a l’impression que l’on est face à un projet avorté contenant en germe toute la virulence d’un Ellis réfractaire au système. C’est que le monde qui nous est présenté ressemble à un mélange improbable entre Rex Mundi et From Hell : les rues de Londres, façon gaslight, sont glauques et sombres, et les forces de l’ordre peinent à en contenir les ombres. Seulement, l’irruption de la « magie technologique » se fait par le biais de l’électricité, cette force encore mal maîtrisée et plus mal connue. Sa variété d’utilisation en fait une arme terrifiante pour qui sait comment la canaliser. Encore faut-il aussi décider de ce qu’il convient de faire avec cette source d’énergie : la dispenser gratuitement au peuple en souffrance (1830 est une année charnière dans les revendications sociales en Europe, et l’Angleterre connut alors quelques émeutes de mineurs qui firent date) ou la réserver à une élite désireuse de conserver la mainmise sur une société obscurantiste ? Captain Swing, c’est un peu le Pirate Roberts de ce conte philosophique moderne, à mi-chemin entre Robin des Bois et Rorschach : peu importe son identité, ce sont les idées véhiculées qui comptent.

 Captain-Swing-02.jpg

Ainsi, difficile de s’attacher aux personnages, si ce n’est à ce Charlie Gravel, un « Peeler » - c'est-à-dire un officier de la Metropolitan Police de Londres fondée par Sir Robert Peel - gardien de la paix sans arme chargé d’agir comme il peut contre une criminalité galopante à laquelle les « Bow Street Runners » (précurseurs des policiers londoniens, des hommes armés sous la houlette des magistrats) ajoutaient leur grain de sel en s’opposant constamment à eux. Charlie, à la fois respectueux des règlements et fougueux, n’écoute que son courage pour partir à la poursuite de ce bandit capable de sauter par-dessus un immeuble et de s’enfuir dans un bateau volant. Mais est-ce vraiment cet homme étrange adepte de la science philosophique qui est responsable du meurtre d’un policier ? Charlie se retrouvera sans le savoir au cœur d’une conspiration touchant jusqu’aux plus hauts responsables du gouvernement.

 

Les dessins de Caceres ont cet agréable aspect des comics vintage, bourrés de détails et aux expressions faciales exagérées. Il y ajoute de nombreuses planches de machines pré-technologiques qui, avec les tonalités sombres choisies, confèrent une ambiance oppressante bienvenue. L’ensemble va néanmoins bien trop vite et pose beaucoup plus de questions qu’il n’en résout, s’attardant sur une péripétie alors que le mystère reste entier. Warren Ellis a toutefois le mérite de rattacher ce récit à l’Histoire par le biais d’anecdotes bien réelles, qui donnent un éclairage nouveau à cette aventure. Un peu comme un V pour Vendetta à l’envers.

 


 

 

Captain Swing & the Electrical Pirates of Cindery Island

 

 Captain-Swing-01.jpg

Format

Album

Fréquence de parution

One shot

Editeur

Bragelonne

Date de parution

janvier 2012

Collection

Milady Comics

Série(s) & épisodes

 

Scénariste(s)

Warren Ellis

Dessinateur(s)

Raulo Caceres

Traduction

Philippe Touboul

Pages

128

 

Résumé : Londres 1830. Le jeune flic Charles Gravel ne cesse d’être témoin de choses qu’il ne devrait pas voir : un navire volant, des pirates armés d’étranges artefacts électriques… et un capitaine qui nargue la police, un révolutionnaire qui défie la loi pour remettre au peuple la science et ses miracles afin de les libérer du joug des puissants. Dans les rues, on murmure le nom de Spring-Heeled Jack… mais il préfère qu’on l’appelle Captain Swing.

Voici son histoire.

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