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l'Arpenteur de pages

[comics] Bad Ass : French Touch

24 Mars 2013 , Rédigé par Vance Publié dans #le Sentier des Comics, #Super-héros

Bad-Ass-1.00.jpg

Voilà un comic-book français publié chez Delcourt, complètement parodique tout en restant respectueux de ses aînés. Le genre d'ouvrages qui fait constamment des clins d'œil complices à nos souvenirs de lecteurs assidus (tendance geek) sans pour autant se moquer de nos penchants, les tourner en dérision ou infantiliser le propos.

J'ai tué le Dragon Vert, battu Amadeus Kitty, volé suffisamment de diamants pour racheter le Paraguay, fait exploser une cinquantaine de flics... qu'est-ce qu'il faut faire pour être "l'information principale de la journée" ?

On le voit, Badass semble construit sur un schéma proche des comic-books récents traitant avec plus ou moins de recul de la genèse des super-héros, toujours sur un mode référentiel tout en essayant d’y insérer un ton acerbe, des préoccupations plus contemporaines, voire une intrigue conspirationniste : entre Superior de Millar ou Luther Strode de Justin Jordan, vous avez un bon exemple des titres parus sur ce sujet. Mais Badass a deux atouts pour lui, qui le distinguent des œuvres précitées : d’abord, il est français, ce qui apporte un regard légèrement décalé sur la notion même de super-héros (ou super-vilain d’ailleurs) ; et puis, son humour se rapproche plutôt de la parodie bon enfant, renforcée par un dessin très frais qui sait faire la part belle à des scènes d’action enthousiasmantes. En outre, Badass fait d'énormes clins d'œil à Batman et à ces comics des années 60 dont les méchants portaient tous des noms ridicules tirés d'animaux, tout en dépeignant un univers caustique à mi-chemin entre le Punisher et Deadpool.

Bad-Ass-1.02.jpg

- Black Copter... Black Boat... Black Bécane, peut-être ?
- La Black Mobile suffira, merci Fred.

Trépidant, rythmé, violent, Badass souffre sans doute de dialogues parfois limite et d’un traitement un peu trop léger : la mise en page aérée mais dynamique de Bruno Bessadi et les couleurs pimpantes de Gaétan Georges lui confèrent un ton plus proche de la bande dessinée européenne. Néanmoins, un petit mystère sur les origines et les pouvoirs de Dead End annonce une suite encore plus détonante puisqu'on termine l'album sur une confrontation avec la American Justice Federation (j’attends impatiemment un duel avec JellyFishMan !)…

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette critique chez Univers Marvel & autres comics, où j’interviens désormais.

 

Ma note (sur 5) :

3,5

 


 

 

 Bad-Ass-1.01.jpg

Titre original

Bad Ass 1 – Dead End 

Format

Cartonné, 17x26 cm

Fréquence de parution

Irrégulier

Editeur

Delcourt 

Date de parution

janvier 2013

Collection

Comics Fabric 

Série(s) & épisodes

Bad Ass

Scénariste(s)

Herik Hanna

Dessinateur(s)

Bruno Bessadi

Traduction

 

Pages

200

 

 

Synopsis : Dead End, tueur à gages implacable, en a marre, et décide de faire la peau à son employeur, le Dragon vert, quitte à se débarrasser par la même occasion de la redoutable – quoique accorte - Amadeus Kitty, d'une tripotée de flics casse-couilles et même, pourquoi pas, de Black Snake, le justicier de la nuit rôdant dans sa Blackmobile... Dead End n'a peur de personne. Pourtant, en 1977, il n'était qu'un ado pathétique, looser chronique, couvert d’une acné persistante et la risée de tout un lycée...

 

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