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l'Arpenteur de pages

[BD] Hard boiled trom 1 : Miller en mode Philip K. Dick

5 Mai 2012 , Rédigé par Vance Publié dans #le Chemin des BD

 Hard-boiled-1.00.jpg 

3,2/5 

 

Si je suis venu à Hard boiled, ce n’est pas par Frank Miller. Et pourtant ! J’ai assez travaillé sur le bonhomme pour que ce soit un choix évident.

 

En fait, c’est en me repenchant sur la carrière de Juan José Ryp, qui m’avait vraiment époustouflé dans ses albums conçus avec Warren Ellis , que j’ai trouvé une référence à Geoff Darrow qui partage avec lui (mais avec quelques années d’avance) la même propension à saturer les cases de myriades de détails, parvenant presque à fatiguer le lecteur et conférant à l’œuvre un indéniable « plus-produit » qui la rend forcément plus intéressante que d’autres après la première lecture. Ce souci du détail s’accompagne d’une recherche de réalisme malgré le penchant prononcé pour des récits de SF ou purement fantastiques, ce qui les rapproche d’un autre de mes artistes favoris, George Pérez. La précision du trait, le dynamisme des postures sont communs, même si Ryp et Darrow vont nettement plus loin dans la violence, voire le gore.

 Hard-boiled-1.02.jpg

Avec Darrow, le travail de Miller se limite à la portion congrue, tant on a l’impression qu’il laisse au graphiste le soin d’orienter l’album à sa manière ; ainsi, de nombreuses planches sont « muettes », et on a droit à plusieurs cases en pleine page. Le récit s’en ressent fortement : bourré d’ellipses, il subit des accélérations dérangeantes et n’est pas forcément très aisé à lire. Cela dit, la tonalité générale nous permet de nous accrocher à des codes et, entre Total Recall et Ghost in the shell, on navigue dans un domaine vaguement familier. La frustration vient du fait que le récit ne semble être qu’une sorte de mise en bouche, une longue intro percutante, pleine de bruit, de fureur et de mystères, mais qui n’aboutit qu’à des questions. On aurait aimé davantage d’un album – quand bien même on se le serait procuré d’occasion.

 

Fascinant, sanglant et glauque, avec ces teintes ternes qui rappellent le travail accompli sur certains albums futuristes de Moebius. A suivre.

 


 

Hard boiled, tome 1

 

 Hard-boiled-1.01.jpg

Format

Album cartonné

Fréquence de parution

 

Editeur

Delcourt

Dates de parution

1990

Collection

Conquistador

Série(s) & épisodes

 

Scénariste(s)

Frank Miller

Dessinateur(s)

Geoff Darrow

Traduction

 

Pages

48

 

Présentation : Il s’appelle Seltz. Carl Seltz. Il est enquêteur en assurances. Une femme, deux enfants, trois hypothèques sur son appartement en banlieue... La belle vie.

Alors pourquoi fait-il des rêves si violents, où il se voit livrant des combats sans merci dont il sort aux ¾ détruit ? En définitive, la vie de Carl Seltz – à moins qu’il ne s’appelle Carl Burns, ou encore Harry Seltz – pourrait bien ne pas être aussi ordinaire qu’elle le paraît…

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